Pour noël mes enfants Alban, Chloé et Charles (Agathe avait fait le choix d'un autre cadeau) m'ont offert un saut en parachute 'initiation PAC' pour Progression Accompagnée en Chute libre. Vu mon gabarit le saut en tandem était impossible (et à vrai dire cela ne m'aurait pas fait autant plaisir) car il faut faire moins de 90 kg. Cela se passera à l'école Air libre Parachutisme à Dieppe.
On commence le 31 mai par une journée de cours théoriques à l'issue de laquelle j'ai pu rencontrer des constructeurs amateurs de l'aéroclub de Dieppe notamment François Kowal de "Pilotes et Cie" qui, avec ses collègues, ont passé un avion H800 en ULM. Ils font des travaux de recherches historiques et des formations des jeunes remarquables à travers différents projets dont certains sponsorisés par le CNES. J'ai pu voir dans le hangar le Gazaile d'Alain Quesnel mais je n'ai pas pu le rencontrer.
L'avion utilisé est un Pacific Aerosapce P-750XSTOL, il n'y en a qu’un en France et seulement 11 en Europe. Site Internet du constructeur en Nouvelle Zélande.
Bien que le théorique ait eu lieu le 31 mai le saut n'a pu être programmé que le 28 aout ... question de météo et disponibilités de chacun. Les personnes du club sont passionnés donc sympathiques.
Je voulais faire un saut en parachute au moins une fois dans ma vie mais je n'aurai pas fait la démarche seul. C'est pourquoi je remercie une fois de plus les enfants pour cette idée de cadeaux "extraordinaire". Cela a stressé plus Isabelle que moi bien que je fasse une tête pas possible sur la vidéo du saut. La formation est complète donc rassurante et les instructeurs sont là pour renouveler ce qui a été dit en cours et faire des exercices au sol.
Les choses s'accélèrent avec le bruit de la turbine de l'avion. On est installé dans la cabine avec une position qui n'est pas commune. On entre évidement dans le sens opposé des départs mais on s'installe à l'envers de la marche, assis à cheval de 2 petits bancs et serrés comme des sardines en boite. On met casque et lunettes et on s'attache avec une sangle reliée entre la structure de l'avion et les 3 anneaux du parachute. On retire tout cela à 300 pieds en attendant de rejoindre les 13000 pieds soit 4000 mètres d'altitude atteints en 25 minutes. Sous le regard de la peluche mascotte (l'avez-vous vu dans la vidéo ?), on se "check" en nous souhaitant bons sauts.


L'avion ralentit fortement et doit voler maintenant autour des 130 km/h. La porte s'ouvre et les premiers s'élancent : impressionnant ! Nous sommes plus que 5 dans la cabine, un instructeur referme la porte et l'avion refait un tour au dessus de la piste d'atterrissage. Je cherche la piste à travers les hublots mais je ne la trouve pas, c'est là que Greg me demande de m'approcher de la sortie. L'avant dernier élève et son instructeur se lancent dans le vide et c'est à mon tour de me placer sur le seuil.
Je cherche la validation de mon instructeur de droite puis celle de Greg qui amorce le décompte : 1, 2, 3 Go ! Je fais ce que l'on m'a dit : étendre les jambes et avoir les épaules souples... Les 200 km/h sont atteints en quelques secondes, l'air s'engouffre dans les narines et la peau des joues s'agite fortement. Je regarde les signes de Greg et j'essaye de tendre plus les jambes, de plus cambrer ce qui permet une meilleure stabilité. Greg me fait signe de regarder l'altimètre puis peut me lâcher car ma position est stable et assurée par le deuxième instructeur. Il me demande de regarder de nouveau l'altimètre qui s'approche des 1700 mètres altitude à laquelle je dois tirer la poignée du parachute. L'instructeur me guide la main et on tire la poignée ensemble.



Le ralentissement est fort mais pas violent. Je regarde la voile qui est bien rectangulaire, le glisseur est en bas, l'extracteur à l'arrière, les suspentes en place : tout est ok je peux prendre les commandes. Tout est calme et la vue est magnifique. Je recherche le terrain et en tirant sur les commandes je vais tantôt à droite, à gauche, je freine, etc. Je me rends compte que je ne suis pas tout à fait au dessus de la zone d'évolution, je la rejoints lentement tout en profitant du paysage.
Je suis en position semi assise et c'est assez confortable. La voile n'est pas vive, c'est plutôt lent comme réponse. Je surveille l'altimètre et à 300 mètres je rejoins le point de rendez vous en entrant dans le tour de piste convenu. J'entends mon nom à la radio alors je suis les instructions. A quelques mètres du sol on me demande de tirer fortement les commande pour freiner ... ça freine fort en fait et il n'était pas nécessaire que j'amortisse la réception. Du coup je ne suis pas rester debout. Ce n'est pas très esthétique comme atterrissage mais au moins je retrouve le sol sans bobos
Je rassemble suspentes et la voile et je retrouve Isabelle qui marche vers moi. J'ai du mal à l'entendre, j'ai les oreilles en vrac et je dois compenser la pression. Je redonne le matériel et on s'assoit pour souffler un peu.
C'est une expérience vraiment intense, spectaculaire et magnifique que je recommande à tous ceux qui y ont songé sans avoir vraiment franchis le cap.